vendredi 1 juillet 2016

COPS ARE NOT ALL BASTARDS


Ce vendredi 1er juillet 2016, Osijek, principale ville de la région de Slavonie en Croatie, rend hommage à Josip Reihl-Kir (photo ci-dessus) via un séminaire, à l'initiative du Centre d'Etude pour la Paix (Centar za mirovne studije), pour les 25 ans de son assassinat.

Fait oublié mais pourtant notable, le 1er juillet 1991, une semaine après la déclaration d'indépendance de la Slovénie, Josip Reihl-Kir, policier croate dont le seul tort est d'être un "modéré", est assassiné près d'Osijek.

dimanche 8 mai 2016

L'EMANCIPATION PAR LE SERBE

L'actualité musicale croate a été marquée récemment par l'apparition d'un nouveau groupe punk à Zagreb, lequel n'a pas tardé à se faire un nom, et c'est le cas de le dire, au delà même des frontières de la Croatie. Même l'infâme torchon serbe "Kurir", pourtant plus proche d'un Closer sous silicone que du fanzine DIY tapé à la machine, en a parlé, via une interview du batteur Davor Hranjec (photo ci-contre). Comme quoi, la presse-poubelle est bien comme l'objet auquel elle fait référence: c'est rempli de m... mais parfois on y trouve quelque chose d'intéressant.

Ce groupe croate a choisi un patronyme qui questionne les relations "inter-ethniques" dans une Croatie où la classe politique et certains cercles à droite de la droite restent bloqués sur le logiciel belliciste de la guerre fondatrice de l'Etat.

Cessons là le teasing ! Le groupe s'appelle "Srbi", prononcer "Seurbi", un nom sec et bref comme le coup de couteau découpant une tranche de saucisson de Slavonie, et qui signifie dans l'idiome local "Les Serbes".

Voilà donc où on en est dans la Croatie d'aujourd'hui: y fonder un groupe et le bâptiser "Les Serbes" devient la quintessence suprême de la provocation "punk".

dimanche 24 avril 2016

COMPLOT SUR LA CROISETTE OU L'ART DE LA RUMEUR CONSPI POUR LES NULS

C'est officiel, Kusturica ne sera pas à Cannes cette année pour y présenter son nouveau film. Perso, voilà qui ne m’empêchera pas de dormir, le sort du cinéaste autant que les arcanes du grand raout cinématographique français m’indifférant globalement. L'info aurait pu rester ce qu'elle aurait dû être, un non-événement, et ne pas même constituer un sujet de post dans ce blog, qui avait décidé, il y a bien longtemps déjà, «d'en finir avec Emir Kusturica». Seulement voilà, cette info a suscité un buzz aussi excessif que dénué de réflexion, notamment suite à sa publication par Sputniknews, officine médiatique chargée de propager la bonne parole poutinienne en terre occidentale, telle l’évangile en d’autres temps. Un relais qui s’est fait en deux phases qui méritent qu'on s'y arrête, tant elles constituent un cas d'école de rumeur conspirationniste subtilement orchestrée. «Kusturica à Cannes, stop ou encore» via Sputniknews illustre aussi combien les réseaux sociaux et leurs emballements dépourvus de discernement contribuent à alimenter « la courroie de la grosse machine à nawak du monde moderne », pour reprendre l'expression de notre estimé confrère en blogging Odieux Connard, dans un post qui fit date, tant il visait juste dans le décryptage de la rhétorique conspi-facho, et de la complicité, dans sa propagation, de ceux qui prétendent combattre le "système".

samedi 27 février 2016

QUI VEUT LA PEAU DE L'OURS D'ARGENT ?

Je suis sincèrement ravi pour Danis Tanovic et l'Ours d'Argent qu'il vient d'obtenir à Berlin pour son nouveau film "Mort à Sarajevo". Et ce, malgré le fait que le film soit l'adaptation cinématograpique d' "Hôtel Europa", la pièce que l'insupportable BHL avait écrite et dirigée pour le centenaire de l'attentat de Sarajevo. 
Je ne l'ai pas vue mais, à la lecture du scénario et aux dires de mes "agents" en Bosnie-Herzégovine, elle semblait être un monument de poncifs masturbatoires du genre de ceux dont l'écrivaillon germanopratin est coutumier. Non loin d'ailleurs des terrasses de Saint Germain, et malgré quelques copinages du plan-média, "Hôtel Europa" fût aussi accessoirement un flop lorsque, parti des quais de la Miljacka, il atteint ceux de la rive droite de la Seine, le Théâtre de l'Atelier écourtant la diffusion de la pièce, le "tout Paris" ayant visiblement mieux à faire que de s'inquiéter du sort de l'Europe qui serait "morte à Sarajevo" (le crédo du "philosophe" à la chemise ouverte), et depuis, ne s'en serait pas remise.

Mais soit, bravo au réalisateur de "No Man's Land" pour ce prix, probablement mérité. Je tâcherai de m'en assurer à la sortie du film sur les écrans français.

En revanche, je ne puis m'empêcher d'être un peu perplexe face à certaines réactions et commentaires que je lis, depuis la proclamation du prix, dans certains médias et sur les réseaux sociaux bosniens. Je ne dis pas que ces réactions sont majoritaires et n'en tire aucune généralisation. Néanmoins, elles sont suffisamment présentes pour que je décide d'en faire un post.

mercredi 10 février 2016

MOSTAR VAUT BIEN UN BLOG


Yougosonic est heureux de vous informer que la petite famille des blogs dédiés à l'ex-Yougoslavie s'enrichit en ce jour d'un nouveau venu. 

Particularités, celui-ci sera entièrement consacré à Mostar, un choix éditorial de son auteure, qui, par ailleurs, s'exprimera en anglais, dans le but de toucher le plus grand nombre, et en particulier celles et ceux de "là bas".

L'auteure en question n'est pas inconnue des lectrices et lecteurs de Yougosonic. Il s'agit de notre complice "l'Etoile Noire" à laquelle j'avais donné "carte blanche", entre juillet 2012 et février 2014.

dimanche 31 janvier 2016

UN PONT TROP LOIN


Décidément, la "passionnante" vie politique croate aime régulièrement à se rappeler à notre bon souvenir. Il y a à peine plus d'un an, Yougosonic tentait d'approcher le phénomène Zivi Zid, surprise des présidentielles de l'an passé avec son 18% de voix. En novembre 2015, aux élections législatives, c'est le cartel répondant du nom de MOST ("Pont" en serbo-croate) qui a créé l'événement avec un score avoisinant les 18%, comme Živi Zid. Ce regroupement de "listes indépendantes" s'est constitué autour de plusieurs élus dalmates, dont Božo Petrov, physique de gendre idéal, look prépa HEC mâtiné de fils à papa, jeune et dynamique maire de la jeune et dynamique ville de Metkovic, à la frontière bosnienne.

jeudi 7 janvier 2016

CHARLIE/FERAL OU LA FRATERNITE D'ARMES DE LA SATIRE

Même si Yougosonic dénonçait récemment les buzz commémoratifs, participons néanmoins à celui autour des "attentats de janvier" et autre "Charlie, un an après", pour poser ici, retravaillée et complétée, une contribution que j'avais publié l'an passé sur Facebook, et qui me semble mériter d'être remise en circulation.

Précisons que ce qui suit n'est ni un soutien déguisé aux récupérations politiques de cette tragédie, ni forcément une adhésion complète à la ligne éditoriale de Charlie Hebdo. Je n'ai plus ouvert ce journal depuis longtemps, et j'en ai toujours été un lecteur irrégulier. Cet éloignement s'est renforcé avec Philippe Val aux manettes, et avec son détournement progressif du vieux fond anar potachique originel en un codex de la provoc' suggérant que ceux qui sont mal dans leurs pompes identitairement, socialement, intellectuellement ou politiquement, sont quand même et indistinctement de sacrés cons dont on peut se foutre de la poire sans états d'âme. Au delà de cet aspect, l'humour de Charlie Hebdo n'est pas celui que je préfère, trop franco-franchouillard et "prout-bite-couille" à mon goût. Ceci dit, je me marrais bien lorsque je tombais occasionnellement sur un numéro, et le journal savait proposer de très bons articles et enquêtes, sans parler du trait incisif et de l'esprit de synthèse des illustrateurs qui y officiaient, dont certains, comme Cabu, m'ont accompagné dès mon adolescence boutonneuse, Duduche incarnant alors un double fréquentable.

Voilà pour les mises aux points, mais que l'on soit Charlie, pas Charlie, charlatan ou, comme moi, Checkpoint Charlie, on regardera avec curiosité le reportage de 1994 de l'émission d'Arte "Transit" que je poste ci-dessous, revenant sur la rencontre entre l'équipe de Charlie Hebdo et celle du "Feral Tribune", le magazine satirique de Split en Croatie, goutte d'eau d'esprit critique et de déconnade dans un océan de nationalisme, de conformisme et de guerre qui grondait à 10-20 km de là.

mardi 5 janvier 2016

SMRT 2015, SLOBODA 2016 ?


"Mort à 2015, liberté à 2016 ?" titre ce post, adaptant la célèbre devise des Partisans Yougoslaves "Mort au fascisme, liberté au peuple!". Mouais...On en est bien loin aujourd'hui! Le fascisme est bien vivant, dans ses visages contemporains et polymorphes: pas seulement celui de l'orbanisation/lepénisation de l'Europe ou celui de la kalashnikov brandie au nom du très très haut, mais aussi dans les ordres pris aveuglément au FMI ou à la BCE, dans le néo-conformisme général, dans les calculs machiavéliques et les fuites en avant (ou plutôt en arrière) de nos décideurs, etc...etc... 

Quant à la "liberté au peuple", mieux vaut en glousser, surtout lorsque l'on voit comment le "peuple", cette entité que l'on invoque sans cesse à droite et à gauche et qui serait par nature respectable et pétrie de bon sens, profite régulièrement de sa liberté pour mieux la vider de sa substance.

Je crois que nous sommes nombreux à être d'accord que 2015 aura été une année bien pourrie, et pas seulement parce que votre blog préféré ;-) y aura brillé par son absence jusque très récemment ;-))). On ne la regrettera donc pas, tout en restant prudent pour celle qui commence, car l'année 2015, après nous avoir imposé les divers pertes et fracas que l'on sait, doit à mon sens nous inciter à la modestie. Je me garderai donc de faire des grandes prédictions, ni de céder à un lyrisme excessif, parce que je ne sais pas vous, mais moi je crois que nous entrons pour de bon dans les zones de turbulences de l'inconnu, et qu'à priori ça ne s'annonce pas très glop.

Alors ? Et bien souhaitons nous à tous de parvenir à garder la tête froide, de rester libres, forts et lucides, de résister à notre humble niveau à la merde ambiante et aux divers lavages de cerveaux en cours. Cultivons nos jardins secrets, nos patates, le beau, le simple, l'amitié, le rire... Gaussons nous autant que possible de la folie générale et de ceux qui l'alimentent. Mais restons vigilants et surtout restons nous-mêmes : restons fous pour ne pas le devenir vraiment!

C'est dans cet état d'esprit que l'on continuera ici de vous entretenir de la Yougosphère.
Très bonne année 2016 à toutes et à tous !

mardi 29 décembre 2015

FETE DE CLOTURE



L'info n'est guère parvenue jusqu'à nous, mais elle mérite pourtant qu'on s'y arrête, tant elle est significative de ceux que certains appellent déjà "l'Orbanisation de l'Europe", c'est à dire l'avènement d'une Europe national-populiste à la Viktor Orban, qui fait tâche d'huile et contamine presque l'ensemble des classes politiques européennes.
En novembre dernier, la Slovénie, emboîtant le pas à la Hongrie, réalisait l'un des rêves humides du militant FN de base, en déployant des fils de fer barbelés le long de sa frontière avec la Croatie, dans le but d'arrêter le flot des réfugiés qui remontent la péninsule balkanique pour rejoindre les terres riches et travailleuses d'Europe du nord. La coalition de "centre droit" qui dirige actuellement la Slovénie semble frappée de strabisme divergeant vers les extrêmes.


lundi 21 décembre 2015

HARDCORE DE DAYTON

"Seulement 4 millions de personnes ont la chance de vivre en Bosnie-Herzégovine, 
les autres n'ont pas cette chance...mais ils ont tout le reste."

Dans la société multimédiatique qui est la nôtre, les commémorations et autres anniversaires de faits d'histoire récente ont quelque chose à la fois d'irritant et de dérisoire. Des événements qui avaient complètement disparu des radars remontent à la surface et occupent l'espace médiatique, au point qu'il est impossible d'y échapper. Tout le monde y va de son dossier, reportage, enquête, retour, rappel, et l'on finit par se sentir soi-même obligé d'y apporter notre grain de sel, mû par ce vieil esprit de meute qui sommeille en nous, et à qui notre mode de vie hyper-connecté a donné une nouvelle dimension. Tout ça dure quelques jours, peut-être une semaine, puis s'efface et replonge dans l'oubli et le silence jusqu'au prochain "anniversaire", lequel sera à nouveau ressorti des placards sur des délais symboliques et faciles en termes de repères temporels : un premier point 5 ans après, puis on passe aux dizaines, quinzaines, jusqu'aux 20 ans où on fera un effort spécial dans le "buzz" commémoratif.

Certaines de ces commémorations multimédiatiques donnent l'impression qu'on rallume brièvement la lumière et qu'on dit "ah, tiens, vous êtes là, vous ? Dites donc, ça n'a guère changé chez vous! Vous auriez pu passer l'aspi et redonner un petit coup de peinture. Bon, allez, je vous laisse. Au revoir!".

Telle est la sensation qu'on peut avoir avec les 20 ans des accords de Dayton. Comme pour les 20 ans du siège de Sarajevo (relire ici mes réflexions d'alors), on a brièvement ressorti la Bosnie-d'Herzégovine des brumes d'indifférence dans lesquelles elle végète habituellement. On a rallumé la lumière pour constater que tout va mal, que rien n'est réglé, que rien n'a changé, et qu'il n'y a rien à faire.


lundi 7 décembre 2015

PEUT ON EFFACER DAMIR AVDIC ?

Celles et ceux qui suivent ce blog fidèlement savent qui est Damir Avdić (prononcer Avditch). Je le convoque volontiers en ces pages et j'ai traduit deux de ses chansons. Damir Avdić est, à mon sens, l'un des artistes les plus intéressants de l'espace yougoslave post-guerre, et je ne suis pas le seul à le penser. Son regard aiguisé, sans compromis, n'épargnant personne, interroge les enjeux politiques et sociaux de la Yougosphère, ainsi que ceux de notre monde en mutation. Comme beaucoup d'autres artistes ex-Yougoslaves, Damir Avdić pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses, jouant volontiers la carte de l'ironie ou du double langage, pour inciter l'auditeur à réfléchir sur ses propres choix idéologiques et sociétaux. Damir Avdić a ainsi mis des mots, sévères mes justes, sur le désarroi politique né sur les ruines de l'ancien Etat, soumis à la violence de la transition économique et à celle du nationalisme.Voilà pour un rapide résumé de l'approche artistique, car là n'est pas le propos aujourd'hui.

L'hebdomadaire Mladina révèle cette semaine que l'administration slovène  retire à Damir Avdić son permis de séjour et son statut d'artiste.

mardi 1 décembre 2015

PEACE, LOVE AND YOUGOSONIC !



Cela n’aura pas même échappé au visiteur occasionnel, ce blog a connu la plus longue pause de sa jeune existence (4 ans à peine). Plus rien n’a été posté depuis décembre dernier, et le réseau social lié au blog est lui aussi en coma sabbatique depuis le printemps. A l’heure où je reprends le clavier, remercions tout d’abord celles et ceux qui se sont émus voire inquiétés de cette absence prolongée et rassurons l’ensemble de notre estimé lectorat quant à notre santé et autres sujets de préoccupation. Je ne m’étendrai pas trop longuement sur les raisons personnelles de cette déconnexion: disons pour faire court que la «real life» était au bord de la crise de nerf depuis un moment. Cette année 2015 a donc consisté à faire une remise à plat en mode tirage de chasse d’eau. Le blog comme son excroissance facebookienne s’en sont trouvés mis en veilleuse, d’autant que ce «reset» existentiel a vu poindre en parallèle le syndrôme que connaissent occasionnellement d’autres blogueurs: le coup de la panne, la perte d’inspiration, l’impression de tourner en rond, d’avoir fait le tour, de parler de la même chose même si chaque fois d’une autre manière...

mercredi 31 décembre 2014

LA NUIT DES MURS VIVANTS

Ivan Sinčić, souffle nouveau, 
ou trou d'air supplémentaire dans le vide politique croate?

La Croatie votait ce dimanche 28 décembre 2014, pour se choisir un président. La surprise de ce premier tour (*) n'est pas le déclin du sortant Ivo Josipović, sorte de "président normal" à la mode croate, finalement aussi terne et insupportable que notre version française. Ce n'est pas non plus la remontée du HDZ, et le poids toujours fort de la droite nationaliste, conséquence, à la fois de la déception qu'ont suscité les sociaux-démocrates et Josipović, et des nombreuses poussées de fièvres réactionnaires initiées sur le front "citoyen" par de relais comme "Au nom de la famille", l'église ou les anciens combattants. 

Non, la surprise, c'est la percée d'Ivan Sinčić et de son mouvement "Živi Zid" (littéralement: "Mur vivant", au sens figuré "Bouclier humain"), qui obtient 16,42 % des voix, contre toute attente et malgré un mépris commun, durant la campagne électorale, des médias et des instituts de sondage.

Bonne surprise, la percée de Živi Zid et de son jeune leader ?


samedi 20 décembre 2014

ICONOCLASMES #2 : FUREUR DE VIVRE DANS LES CARPATES


Belle gueule, non ? Ce pourrait être un écrivain ou un acteur célèbre dans ses jeunes années. Ce mélange de mélancolie et d'inquiétude, d'un côté, et de détermination romantique, de certitudes de l'idéalisme, de l'autre, typique de cet "entre deux" de l'adolescence finissante. 

Ce jeune homme, c'est Nicolae Ceausescu à 18 ans (1936). Après les 25 ans de la chute du mur de Berlin, voici venus les 25 ans de la "Révolution Roumaine", en son temps porteuse d'un engouement et d'un espoir incroyable, aujourd'hui hantée par de nombreux points d'interrogations, brèche sanglante dans lesquels s'engouffrent nombreux fantasmes, parfois conspirationnistes, invoquant à tort et à travers CIA, irrédentistes hongrois, KGB, Securitate, etc. Tout n'est pas complètement faux, loin de là, dans ces spéculations... Mais pas complètement vrai non plus...

lundi 1 décembre 2014

SUR LES RUINES DU JUGOTON

Si Deda/Djeda (*) Mraz, le Père Noël (**) yougo, figure parmi les lecteurs de ce blog, il trouvera ci-contre ma commande. Cette compil, dont le délicieux visuel devrait refroidir le buzz éculé des pires pochettes d'album yougoslaves, est sortie en novembre en Croatie (et dans le monde via le net, pour acheter c'est ici). 

Elle s'inscrit dans un revival electro qui agite la branche cybernostalgique de la Yougosphère en ce moment, revival qui s'est déjà illustré par d'autres compilations de musique électronique.  

L'impatience d'avoir en main "Electronic Jugoton" est d'autant plus grande que l'on sait que c'est l'infatigable Željko Luketić (Konrad Medvedov à la scène), mémoire vivante de la culture électro yougo des origines à nos jours, qui est aux manettes de la compil. On avait déjà brièvement présenté dans "Borghesia et le Zeitgeist" cet acteur phare de la scène zagréboises, qui a grandement contribué à ce que la capitale croate, passé certains errements durant les années Tudjman, renoue avec un certain héritage underground qui a toujours su cohabiter en bonne intelligence avec les palais jugendstil, les ruelles du vieux centre, les anciens fleurons de l'industrie où les tours de l'urbanisme socialiste. On avait aussi déjà brossé le portrait de cette scène électronique yougoslave d'hier et d'aujourd'hui dans le même post, et on n'y reviendra donc pas ici...

samedi 25 octobre 2014

SURPLUS D'HISTOIRE(S), PLUS QU'ON NE POURRA EN SUPPORTER


Avec son sens légendaire du triple effet retard ;-) et à la demande de plusieurs lecteurs, Yougosonic revient sur la grosse mascarade des commémorations du centenaire de l'attentat de Sarajevo. A l'heure des bilans domine la sensation d'un rendez-vous manqué entre le passé, le présent et l'avenir de la Bosnie-Herzégovine et des Balkans, cette région, qui, d'après Churchill, "produit plus d'Histoire qu'elle ne peut en supporter". Prenant à la lettre cette formule toute faite, Yougosonic tente un voyage dans ce prétendu surplus d'Histoire, où, contrairement à la vision bedonnante et confortable de l'Occident - où les Balkaniques ont bon dos- , ce dernier a sa part d'excès et de surproduction historique. Road-trip un peu foutraque dans un centenaire électrique, c'est un peu, et sans prétention littéraire aucune, notre "roman du siècle". On y croisera quelques célébrités inattendues, on y ouvrira nombreux tiroirs et placards, on y fera quelques détours ou emprunterons certains raccourcis, à la recherche du temps, aussi perdu que présent. Déjà essoufflé-e-s ? Ce n'est qu'un début! Accrochez vous, on embarque!


vendredi 26 septembre 2014

YOUGOSONIC GOES INTERGALACTIQUE


C'est avec beaucoup de joie, et un très léger soupçon de flatterie, que votre obligé, auteur de ce blog, a accepté l'invitation de l'association brestoise Canal Ti Zef à venir causer contre-cultures et ex-Yougoslavie lors du 13e Festival Intergalactique de l'Image Alternative, du 5 au 11 octobre 2014, à Brest. 

Ce très chouette événement propose chaque année de découvrir cinéma et documentaire sur un thème donné, avec un accent particulier sur les films undergrounds, les autoproductions, les sujets non traités ailleurs, et les travaux qui éclairent des réalités méconnues. Agrémenté de concerts, offrant des temps de rencontres, ouvert aux Bretonnants et aux sourds ou malentendants, le Festival Intergalactique s'affiche convivial, antisnob, enraciné tout en restant tourné vers le monde, à l'image de cette région de Bretagne où Yougosonic a d'ailleurs quelques racines et attaches personnelles. 
C'est dire si l'on piaffe d'impatience d'être à "Brest même", où cette édition consacrée aux Balkans s'annonce 1000 fois plus excitante que le jeune cinéma russe pro-Poutine, montré cette année au festival de Kustendorf .

samedi 2 août 2014

ESSAI DE SURVIE AU COEUR DU KOMSILUK


En France, nous avons la  Fête des voisins. Cette sympathique initiative visant à recréer du lien dans notre société individualiste n'a à priori pas d'équivalent chez nos amis yougoslaves. A moins que cette fête là bas n'ait lieu tous les jours... comme va nous le démontrer ce post estival qui se penche sur la délicate question du voisinage en ex-Yougoslavie. Certes il faut tempérer le mélange de saine misanthropie et d'ironie subtile qui va suivre, lesquelles ont été formées à bonne école sur place, pour rappeler que le (bon) voisinage n'est point chose facile en nos contrées non plus. L'ex-Yougoslavie possède cependant quelques spécificités locales, que le francophone fraîchement débarqué, souvent naïf, et carrément béat après trois verres de rakija, celle du voisin, justement, ne détectera pas forcément à temps, alors qu'il doit se prémunir dès son arrivée de cette funeste engeance qui peut considérablement lui gâcher son séjour, et empêche déjà des milliers d'ex-Yougoslaves de vivre normalement.

Qu'il se nomme komšija (prononcer "kom'chiya", mot utilisé en Serbie et chez les Bosniaques, d'après le turc "komsu") ou susjed (prononcer "soussiède", terme plutôt croate...quoique le serbe "sused" existe aussi), le voisin est un être dont l'affabilité souriante, l'humeur joviale et la serviabilité généreuse, masquent en réalité l'hypocrisie, le double langage, le goût des intrigues, le ragot facile, la langue de vipère, et l'opportunisme dangereusement intrusif.

dimanche 11 mai 2014

PRIERE BALKANIQUE POUR AUTODAFE DES TEMPS MODERNES

Journée particulière que celle de vendredi dernier à Sarajevo, qui a vu se téléscoper plus ou moins bruyamment le passé et le présent de la Bosnie-Herzégovine. On y célébrait à la fois la "Journée de la Victoire sur le fascisme" (=nom officiel de la fin de la seconde Guerre Mondiale en Yougoslavie), et une "marche de la liberté", partie de différentes villes du pays, y convergeait avec le but de faire entendre les revendications toujours non satisfaites des citoyens en colère contre l'incurie des politiques... Mais aussi, et certains diront surtout, le 9 mai 2014 voyait la fin de l'interminable reconstruction (18 ans de travaux) de la Vijećnica, et sa réouverture au public. La Vijećnica (prononcer "Viyètch'nitsa"), calque serbo-croato-bosnien de l'allemand "Rathaus", en français "Maison du Conseil", auquel on préférera le terme d'hôtel de ville, a en effet abrité pendant longtemps l'administration communale et les réunions du "conseil" ("vijeće") municipal, avant d'abriter la grande bibliothèque universitaire de Sarajevo. 

samedi 22 mars 2014

D'AMUSEMENT ET DE POLITIQUE

Avec un peu de retard, Yougosonic souhaite un heureux anniversaire au Politikin Zabavnik, qui fêtait ses 75 ans le 28 février dernier. 

Le premier numéro du Politikin Zabavnik, 
communément raccourci en "Zabavnik", 
paru le 28 février 1939

Le Politikin Zabavnik est le supplément jeunesse du quotidien serbe Politika, offrant chaque semaine BDs, nouvelles, histoires vraies, anecdotes, vulgarisation scientifique, articles historiques, jeux, documentaires, questions des jeunes lecteurs et réponses de la rédaction... le tout illustré par de nombreux imagiers locaux voire étrangers. Cette véritable institution a fait la bonheur de plusieurs générations de yougoslaves petits ...et grands, car qui commence à lire le Zabavnik en devient accro toute sa vie, et l'arrivée du journal à la maison suscite disputes et affrontements sur qui le lira en premier.